La dépense énergétique chez les personnes en fauteuil roulant

2 jeunes hommes pratiquant le basketball en fauteuil roulant

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Mise en contexte
Le sport pour les personnes en fauteuil roulant a souvent été axé sur la réadaptation suite à un accident pour briser l’isolement et aider à la réintégration sociale. En effet, le sport continue à jouer un rôle important dans la réadaptation des patients après une lésion de la moelle épinière. Toutefois, les sports en fauteuil roulant tels que le tennis, le basket ou le rugby peuvent être pratiqués comme sport de loisir ou de compétition. Afin de réduire les risques de développer des maladies cardiovasculaires chez les individus qui utilisent le fauteuil roulant comme moyen de déplacement, plusieurs études ont été effectuées pour améliorer la qualité de vie de cette population. L’augmentation de la dépense énergétique est l’une des stratégies efficaces pour réduire le risque de mortalité. En effet, une étude menée par des étudiants de l’université de Harvard a démontré qu’en augmentant la dépense énergétique quotidienne de 300-350 kcal, le risque de subir un infarctus du myocarde réduit significativement. En effet, plus la durée et l’intensité de l’exercice augmentent, plus la dépense énergétique s’élève et le risque de développer des maladies cardiovasculaires diminue.

La dépense énergétique
Afin d’être en mesure de suivre ces recommandations, il est nécessaire de connaître la dépense énergétique des différentes sortes d’activités physiques pratiquées en fauteuil roulant. La mesure de la dépense énergétique a été réalisée dans pratiquement tous les sports à l’exception de ceux pratiqués en fauteuil roulant. Malheureusement, les blessés médullaires ont plus de risque de développer des maladies cardiovasculaires dû à la sédentarité et à la diminution de leur masse musculaire. C’est pour ces raisons qu’il est important d’augmenter la dépense énergétique chez cette population afin de diminuer ces risques et de pouvoir améliorer leur qualité de vie.

En 2008, une équipe allemande était la première à quantifier la dépense énergétique chez cette population. Pour réaliser leur étude, ils ont utilisé l’outil Cosmed K4b2 qui calcule la dépense énergétique suite aux échanges gazeux. Ils ont choisi le rugby, le basket et le tennis en fauteuil roulant pour calculer la dépense énergétique durant ces activités. Lors de cette étude, 36 athlètes dans la trentaine ont participé et ont été divisés en trois catégories. Avant d’évaluer la dépense énergétique durant les séances d’activités physiques, le métabolisme de repos a été calculé. Le métabolisme de repos est le nombre de kcal dépensées durant une journée sans y ajouter la dépense énergétique durant les moments actifs. Lors de cette étude, il n’y avait aucune différence au niveau du métabolisme de repos des athlètes qui pratiquaient les différents sports.

Ces résultats étaient inattendus vu que le métabolisme de repos dépend en grande partie de la masse musculaire. Dans le groupe de personnes qui pratiquaient le rugby, plusieurs personnes étaient tétraplégiques donc leur masse musculaire est très réduite. Durant l’exercice, la moyenne de la dépense énergétique durant les trois sports évalués était de 313.6±101.14 kcal/h. Le rugby en fauteuil roulant était légèrement moins élevé comparé au basket et au tennis (voir l’image ci-dessous).

Les résultats de cette étude montrent que ces sports pratiqués en fauteuil sont très importants en terme de dépense énergétique. Les valeurs de l’énergie hebdomadaire totale calculée se situent entre 1489 kcal pour le rugby, 1913 kcal pour le basketball et 2199 kcal pour le tennis. Selon ces résultats, le groupe des athlètes de tennis a atteint la recommandation bien que les joueurs de basketball sont aussi très près en terme de dépense énergétique recommandée par la littérature. Néanmoins, certaines études montrent qu’une dépense énergétique supplémentaire à la dépense initiale de 1000 kcal par semaine pourrait réduire le risque de développer des maladies cardiovasculaires. Ceci dit, les trois groupes bénéficient des bienfaits de l’activité physique pour améliorer la santé physique.

Conclusion
Pour conclure, l’augmentation de la dépense énergétique est un facteur très important pour réduire les risques de développer des maladies cardiovasculaires et d’infarctus du myocarde. L’augmentation de la masse musculaire, la diminution de la masse adipeuse et l’amélioration du Vo2max sont aussi d’autres facteurs qui seront améliorés avec l’augmentation de la dépense énergétique.

icone auteur homme sans photo

GUY HAJJ BOUTROS
Étudiant au doctorat à l’université McGill au département de Médecine Expérimentale. Il a complété un bacc. et une maîtrise en Kinésiologie de l’UQAM. Il enseigne comme chargé de cours au dép. des Sciences des l’acitivité physique à Montréal. En apprendre davantage ici. 

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MARIE-ANNE LANDRY-DUVAL
Étudiante de 3e année de kinésiologie à l’UQAM. Elle est également intervenante-bénévole à l’Association Sportive des aveugles du Québec. Elle envisage de continuer au cycle supérieur pour approfondir ses connaissances. En apprendre davantage ici.

Références

Abel T, Platen P, Rojas Vega S, Schneider S and Strude HK. Energy expenditure in ball games for wheelchair users. Spinal Cord (2008) 46, 785–790

Abel T, Kroner M, Rojas Vega S, Peters C, Klose C and Platen P. Energy expenditure in wheelchair racing and handbikingFa basis for prevention of cardiovascular diseases in those with disabilities. Eur J Cardiovascul Prevent Rehabil 2003; 10: 371–376.

Antman EM, Anbe DT, Armstrong PW, Bates ER, Green LA, Hand M et al. ACC/AHA guidelines for the management of patients with ST-elevation myocardial infarction–executive summary: a report of the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Practice Guidelines. Circulation 2004; 110: 588–636.

Burke EJ, Auchinachie JA, Hayden R, Loftin JM. Energy Cost of Wheelchair Basketball. Physician Sportsmed 1985, 13: 99–105.

Paffenbarger Jr RS, Hyde RT, Wing AL, Lee IM, Jung DL, Kampert JB. The association of changes in physical-activity level and other lifestyle characteristics with mortality among men. N Engl J Med 1993; 328: 538–545.

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